Cap Horn

Le légendaire Cap Horn fut longtemps le principal passage maritime entre l'Asie et l'Europe. Mystérieux et tristement célèbre, le cap Horn consiste en une immense falaise faisant face au sud, posée sur l’île Horn.  Cap sur cette étape légendaire des grandes traversées, fortement chargée en histoire maritime.

Histoire de Cap Horn

Le Cap Horn aurait été découvert, pour la première fois, en 1525 par Francisco Hoces, un marin espagnol. Selon ses dires, Cap Horn serait un obstacle sur lequel il butait en tentant de passer par le détroit de Magellan. Il était de fait contraint de mettre le cap vers le sud pour le contourner.

En 1578, le corsaire anglais Francis Drake, contraint de dévier vers le sud à cause d’une tempête, après sa traversée du détroit de Magellan, aurait à son tour butté sur Cap Horn. Il laissera son nom au passage divisant l’Amérique du Sud de l’Antarctique.

Cap Horn fut nommé « Cabo de Hornos » par les Espagnols et « Détroit de Drake » par les anglo-saxons. Mais pour des raisons d’État, ce passage fut gardé “secret défense” par l’Amirauté britannique, jusqu’à l’arrivée des Hollandais.

Ces derniers, las du monopole du commerce imposé par la Compagnie des Indes, décidèrent d’armer deux navires. A cette époque, la Compagnie des Indes contrôlait entièrement le détroit de Magellan. Les expéditions étaient financées par Jacob Le Maire et commandées par le capitaine Willem Cornelisz Schouten.

La Concorde et le Hoorn partirent ainsi de Texel le 14 juin 1615 pour trouver une nouvelle issue, autre que le détroit de Magellan. Alors que le Hoorn disparut dans un incendie au large des côtes de la Patagonie, l’expédition de La Concorde fut couronnée de succès.

L’histoire raconte que La Concorde dépassa un cap formé par deux montagnes pointues et extrêmement hautes le 31 janvier 1616. Ce cap représentait la pointe ultime de la Terre de Feu. Willem Cornelisz Schouten décida de l’appeler « Kaap Hoorn », le nom de sa ville d’origine.

Du XVIIIe jusqu’au XXe siècle, le Cap Horn fut considéré comme l’une des routes marchandes les plus empruntées au monde. Les navires étaient chargés de marchandises commerciales, comme la laine, l’or ou des semences. Le Cap Horn facilitait également la liaison avec New York et San Francisco durant la Ruée vers l’or.

Son essor continua jusqu’en 1914, la date de **l’ouverture *du canal de Panama***. Il resta également l’une des routes commerciales les plus traversées au monde jusqu’à ce que la zone soit surnommée « cimetière des marins ». Les conditions de navigation étaient souvent extrêmes, avec des eaux dangereuses, des vents violents et de forts courants. En 400 ans, plus de 76 épaves auraient sombré dans les *eaux troubles de Cap Horn*.

Le premier petit bateau à voile à réellement franchir le cap Horn fut un yacht long de 13 m nommé Saoirse, dans le cadre d’un tour du monde (1923 à 1925). Il fut manœuvré par l’écrivain et marin irlandais Conor O Brien, en compagnie de trois amis. Le temps était alors au beau fixe.

Cap Horn aujourd’hui

Le Cap Horn est un promontoire quasi-vertical de 425 m de haut. Il marque la rencontre tumultueuse de l’océan Pacifique et avec l’Atlantique, mais aussi la frontière nord du passage de Drake.

Il situé à l’extrémité sud de l'île Horn de l’archipel de la Terre de Feu, dans sa partie chilienne. Ce point est généralement considéré comme étant le plus austral de l’Amérique du Sud.  La végétation y est abondante grâce aux fréquentes précipitations.

Aujourd’hui, peu de navires tentent de s’y aventurer, à part les navigateurs sportifs projetant de faire le tour du monde. Par conséquent, Cap Horn est devenue un symbole fort des courses de Tour du monde à la voile.

Plusieurs courses importantes empruntent l’itinéraire des anciennes routes commerciales qui passaient par l’île Horn. Le Velux 5 Oceans (circumnavigation avec escales) et le Vendée Globe (sans escale), deux courses en solitaire ayant lieu tous les 4 ans, y sont habituellement organisées.

Situation générale du Cap Horn

Cap Horn est considéré comme étant le point le plus méridional d’Amérique du Sud et des Grands Caps. Le débarquement sur l’île Horn est uniquement possible si les conditions climatiques sont propices.

Ce lieu légendaire reste un défi pour les navigateurs, fascinés par son caractère tumultueux. La mer y est déchaînée et les rencontres inattendues avec des icebergs sont fréquentes. Sous vos yeux ébahis peuvent se former des creux immenses, des tempêtes incessantes, des vagues scélérates ou un puissant courant circumpolaire antarctique. 

Vue depuis un bateau, le Cap Horn arbore l’aspect d’un terrifiant rocher. En réalité, il se dresse sur une petite île (Horn) faisant 6 km de long, pour 2 km de large. Il est aussi important de faire la différence entre le « vrai » Cap Horn (île Horn) et le « faux » Cap Horn. Ce dernier est un rocher localisé sur Hoste, une île voisine de Horn. 

Cap Horn est classifié « Réserve mondiale de biosphère » par l’Unesco depuis 2005. En flânant dans le parc national du Cap Horn, on découvre des espèces endémiques de la Patagonie australe continentale.

Parmi les végétaux, on peut trouver des arbustes tels que le Romerillo ou le Mala Negra à petites fleurs blanches. Les fleurs de l’Orchidée de Magallenas, la Frutilia de Diablo (des fruits au goût amer) et l’arbre de Nothofagus, ne sont pas en reste.

Concernant la faune, les espèces qui y vivent sont assez intrigantes. On y aperçoit notamment le canard vapeur, le cormoran royal, la baleine, le dauphin noir, le manchot papou, l’orque à bosse et le dragon de Patagonie.

Cap Horn, une destination incontournable de Patagonie

C’est en croisière que l’on atteint le mythique Cap Horn, le redoutable promontoire qui inspire autant qu’il fascine. Cette falaise, balayée sans interruption par les vents, promet une traversée passionnante sur l’un des derniers endroits encore intacts au monde. D’ailleurs, le Cap Horn n’est habité que par le gardien du phare et sa famille.

Le paysage se compose essentiellement de fjords profonds, glaciers millénaires, canaux, récifs et écueils. Dans le cas où les conditions climatiques sont favorables, il est fort possible que votre bateau fasse le tour de l’île avant de poursuivre sa route. Au cours de la balade, vous découvrirez une chapelle, un phare rouge et blanc (le plus au sud du monde) et un Mémorial.

Le Mémorial, représenté par une grande statue d'albatros, fut construit en l’honneur des marins ayant péri durant la traversée. Pour avoir un meilleur aperçu du rocher, de profil, montez jusqu’au balcon du Mémorial.

Le climat

Sur le Cap Horn, il fait extrêmement froid, en raison de sa situation sur la latitude australe. Sa température moyenne oscille entre 5 et 2°C, avec une fourchette de 14°C en été et -2°C en hiver. Les précipitations varient entre 93, 7 mm en octobre et 137, 4 mm en mars.

Les vents atteignent une puissance de 30km/h et s’accompagnent généralement de rafales pouvant excéder les 100 km/h. C’est à cause des vents violents et des courants puissants que la navigation y est particulièrement difficile. C’est aussi pour cette raison qu’il est surnommé le « Cap des tempêtes ».

Concernant la meilleure saison pour aller au Cap Horn, elle se situe entre octobre et mars. Comme dans toute l’hémisphère Sud, le printemps débute à la fin du mois de septembre jusqu’au début du mois d’avril. Durant cette période, non seulement la navigation s’effectue dans les meilleures conditions, mais en plus les arbres et les arbustes sont en fleurs.

Comment y arriver ?

En bateau

Les croisières faisant escale au Cap Horn sont peu nombreuses et de courte durée, soit de 4 et 5 jours. Les départs se font généralement depuis Ushuaia (en Argentine) ou Punta Arenas (au Chili). Les bateaux de croisières disponibles offrent une capacité maximale de 210 passagers.

Pour les marins aguerris, vous pouvez y accéder via un bateau à voile, qui longera les canaux de Patagonie. Prévoyez au moins 10 jours de navigation en mer. L’embarquement et le débarquement s’effectuent généralement à Ushuaia.

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